Jonas Rydin : un investisseur suédois au service de la défense ukrainienne

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[ INTERVIEW ]

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Jonas Rydin : un investisseur suédois au service de la défense ukrainienne

Propos recueillis par Blanche Capron, membre de la Délégation internationale Suède – Le 6 novembre 2025

À propos de l'invité

Jonas Rydin avec Christian Prouteau, fondateur du GIGN.

Jonas Rydin

Jonas Rydin est un entrepreneur et investisseur suédois spécialisé dans la technologie et la défense. Réserviste des marines suédoises, il travaille en Ukraine depuis près de vingt ans, où il a d’abord investi dans le secteur de l’IT. Cofondateur de plusieurs entreprises avec son épouse, il a pris part dès 2022 à la mobilisation internationale en créant l’ONG Quartermaster for Ukraine, qui a fourni plusieurs millions de dollars d’équipements aux forces armées ukrainiennes. En 2025, il cofonde Varangians, une société d’investissement dédiée aux startups ukrainiennes de défense, aux côtés de Pär Lager, expert en stratégie militaire et professeur à la Swedish Defence University, et de l’entrepreneur Andreas Flodström.

À PROPOS DE L’INTERVIEW

Une initiative qui illustre le rôle croissant du capital privé dans l’innovation de défense européenne. Une version anglaise de l’interview est disponible en bas de cette page.

INTERVIEW

Les Jeunes IHEDN (LJI) : Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours et comment vous en êtes venu à investir ? Et plus particulièrement, qu’est-ce qui a façonné votre intérêt pour la défense ? Est-ce lié à votre expérience dans les Marines suédoises ?

Jonas Rydin (JR) : J’ai commencé à investir avec ma femme il y a une vingtaine d’années. Nous avions alors environ deux millions d’euros de capital et nous avons démarré par de petites opérations, qui ont progressivement pris de l’ampleur. Ma femme se concentrait davantage sur la partie environnementale, tandis que je gérais le reste. C’est à travers le secteur de l’IT que j’ai découvert l’Ukraine en 2007. J’y travaillais avec des sous-traitants et j’ai commencé à me rendre régulièrement sur place. Cela m’a permis de bâtir un réseau solide et de développer une compréhension fine du pays et de son potentiel.

En parallèle, mon engagement dans les Marines suédoises a joué un rôle déterminant. Je suis réserviste et je consacre toujours un jour par semaine à cet engagement. Cela m’a donné une vision concrète des besoins opérationnels et de l’importance de l’innovation dans le domaine de la défense. J’ai eu l’occasion de collaborer avec plusieurs unités de l’OTAN, notamment les U.S Marines, et beaucoup aussi avec des militaires français. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de visiter le porte-hélicoptères Mistral. Cet ancrage militaire combiné à mon expertise dans la tech m’a naturellement orienté vers l’investissement dans les technologies de défense. Avec W5 solutions[1], je travaille beaucoup avec des industriels européens, comme Safran et Thalès. J’ai aussi créé un centre d’entraînement militaire pour les forces d’élite antiterroristes suédoises. Je me suis inspiré pour cela en partie du GIGN français, dont je connais le fondateur.

Jonas Rydin (au centre) avec les U.S Marines

LJI : Comment est née Varangians — à quel besoin du marché ou dans l’effort de guerre cherchiez-vous à combler au départ ?

JR : La création de Varangians est le résultat de plusieurs constats. Lorsque la guerre a commencé, j’investissais déjà dans des entreprises ukrainiennes, mais il manquait une structure capable de faire le lien entre les innovateurs ukrainiens, les besoins militaires réels et les écosystèmes de défense occidentaux. L’Ukraine regorge de talents et d’idées, mais beaucoup d’investisseurs étrangers ne comprenaient pas le terrain ou les spécificités locales. Parfois, les Ukrainiens eux-mêmes se montraient méfiants, craignant des financements provenant de sources opaques. Nous jouons un rôle de conseiller pour aider les start-ups ukrainiennes dans la direction vers laquelle ils souhaitent s’orienter.

Avec l’aide, d’un family office suédois, j’ai donc fondé Varangians avec Pär Lager, expert en stratégie militaire, et Andreas Flodström, entrepreneur suédois fortement implanté en Ukraine. Nous avions un trio complémentaire : Pär apportait sa vision académique et militaire, Andreas sa maîtrise de l’écosystème tech ukrainien (fondateur de Beetroot[2]) et moi mon expérience dans la défense et mes réseaux militaires. Nous avions envoyé beaucoup d’équipements mais nous n’avions pas de retours sur la manière dont ils étaient utilisés. Cette guerre n’est pas comme celle en Afghanistan, nous n’avons pas la supériorité aérienne. Nous assistons à un retour d’une guerre de tranchées, comme pendant la Grande Guerre à Verdun, pendant laquelle les généraux ne se souciaient pas du tout des vies humaines, comme les Russes aujourd’hui.

D’autres acteurs, des fonds américains notamment, étaient déjà présents en Ukraine mais ils n’avaient pas les connections ni ne comprenaient leurs besoins. Nous avons une manière différente de faire des affaires et nous savions que les Ukrainiens étaient très suspicieux vis-à-vis des investissements étrangers, notamment des fonds russes. Nous avions l’avantage d’être dignes de confiance puisqu’ils connaissaient notre expérience de l’Ukraine et de l’industrie de la défense. 

LJI : Quel est le modèle économique de Varangians ? Est-ce un fonds, un réseau de business angels, ou une structure hybride ?

 JR : Nous avons fait un choix très clair : ne pas créer un fonds traditionnel. Les fonds sont rigides, soumis à des règles qui ne sont pas adaptées au contexte de guerre. Varangians est une société d’investissement opérationnelle, ce qui nous offre la flexibilité nécessaire pour agir vite. Nous levons des capitaux auprès de family offices et d’investisseurs professionnels suédois et européens, et nous investissons généralement entre 100 000 € et 1 million d’euros par entreprise. Contrairement à un fonds classique, nos investisseurs n’ont pas de droits de vote étendus. C’est un choix stratégique : nous assumons la responsabilité des décisions car nous connaissons le terrain et les besoins opérationnels.

Au-delà du capital, nous jouons le rôle de facilitateur industriel et de consultant. Par exemple, nous pouvons aller voir un groupe comme Safran pour identifier leurs besoins, puis leur présenter des startups ukrainiennes capables d’y répondre. Dans de nombreux cas, un partenariat industriel est plus utile qu’un investissement financier direct. Notre rôle est donc de créer et d’accélérer les processus d’investissements de ces grands groupes, qui n’auraient pas investi à cause des obstacles bureaucratiques.

LJI : Quels critères utilisez-vous pour sélectionner les startups que vous financez via Varangians ?

JR : Nos critères sont multiples. D’abord, la pertinence opérationnelle : nous cherchons des solutions qui répondent à un besoin réel du front. Beaucoup d’innovations ukrainiennes viennent directement des tranchées, proposées par les soldats eux-mêmes qui sont confrontés un problème concret. Ces idées sont souvent uniques au monde. L’écosystème entrepreneurial est très dynamique : il y a près de 2000 start-ups de défense en Ukraine.

Nous analysons aussi le feedback terrain. Grâce à l’écosystème ukrainien Brave1[3], nous pouvons observer quels équipements sont réellement utilisés et plébiscités. Celle-ci agit comme une « marketplace » interne qui permet aux soldats de gagner des points lorsqu’ils neutralisent un drone, qu’ils peuvent échanger contre du matériel. Cela nous donne une vision très fine des besoins tactiques réels.

Ensuite, nous évaluons le niveau d’innovation technologique : drones, autonomie, guerre électronique, IA embarquée, déminage, neutralisation de drones, cybersécurité ou lutte contre la désinformation. Enfin, nous examinons la qualité de l’équipe, la gouvernance et la viabilité du projet. La corruption est un vrai problème en Ukraine. Nous devons donc être capables de vérifier les informations grâce à notre réseau. Mon expérience sur place depuis 2007 nous aide donc beaucoup à réduire ce risque.

Andreas Flodström, Jonas Rydin et Pär Lager, les trois fondateurs de Varangians
Jonas Rydin, près du front dans la région de Soumy/Koursk, lors de la livraison d'équipements médicaux tactiques directement à une unité ukrainienne

LJI : Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’investissements concrets déjà réalisés ?

JR : Oui. Nous avons déjà réalisé trois investissements, dont un public : NORDA Dynamics. Cette startup développe des modules d’autonomie pour drones basés sur l’IA. Leur technologie permet au drone de poursuivre sa mission même si le signal radio est coupé par guerre électronique — ce qui est aujourd’hui l’un des enjeux cruciaux du conflit. Plutôt que d’investir dans un énième drone, nous cherchons à soutenir des briques technologiques transversales, capables d’améliorer tout l’écosystème ukrainien. NORDA en est un excellent exemple : sa technologie est adaptable à plusieurs plateformes et répond directement à un problème tactique majeur.

LJI : Avez-vous rencontré des difficultés pour investir pendant la guerre ?

JR : Bien entendu, il y a des risques élevés. Paradoxalement, investir en temps de guerre crée aussi une opportunité unique en termes d’innovation. En Ukraine, il est possible de tester une technologie à 30 kilomètres du front. On peut obtenir des retours en quelques jours, là où un pays européen mettrait parfois plusieurs années. Le principal défi est la vérification : s’assurer que les données sont fiables, que les équipes sont légitimes. C’est là que mon réseau, construit depuis bientôt vingt ans, est essentiel. Je peux vérifier rapidement ce qui est sérieux et ce qui ne l’est pas. Le capital privé permet aussi d’accélérer des processus qui seraient très longs s’ils dépendaient uniquement de l’État. L’objectif, évidemment, est d’aider l’Ukraine à tenir et à gagner. Mais nous avons aussi une vision à long terme : bâtir un écosystème DefenceTech ukraino-européen solide, capable de contribuer durablement à la sécurité du continent après la guerre.

Enjeux et perspectives : L’initiative Varangians porte une ambition forte : mobiliser le capital privé suédois pour renforcer l’industrie de défense ukrainienne, non seulement à court terme, mais aussi avec une vision de long terme. En investissant dans des technologies comme les systèmes non habités, la guerre électronique ou la désinformation, Jonas Rydin et ses partenaires entendent faire de l’Ukraine un acteur stratégique de l’innovation en DefenceTech. Leur rôle de « pont » entre l’Occident et l’écosystème ukrainien permet d’aller au-delà de l’aide traditionnelle, en injectant du capital intelligent, du conseil et une crédibilité locale. Dans un contexte où l’Ukraine a besoin de solutions rapides et efficaces, la démarche de Varangians est un exemple de soft power économique et technologique.

[1] W5 solutions est une entreprise suédoise qui développe des technologies innovantes de défense prenant en compte la durabilité, dont Jonas Rydin est président du Conseil d’administration depuis mai 2025.

[2] Beetroot est une entreprise tech suédo-ukrainienne, fondée en 2012, qui combine développement logiciel et impact social. Elle fournit des équipes d’ingénieurs dédiées et des services IT pour des clients internationaux, tout en exploitant la Beetroot Academy, une école qui forme des milliers de professionnels aux métiers du numérique.

[3] Brave1 est une initiative stratégique de l’Ukraine pour accélérer l’innovation militaire en tirant parti des startups et des expertises technologiques. Elle vise à raccourcir le délai entre l’idée d’un inventeur et son application sur le terrain, tout en fournissant des ressources (financement, expertise, tests) pour que les innovations se traduisent rapidement en outils utiles pour la défense.

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[ INTERVIEW ]

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Jonas Rydin: a Swedish investor working to support Ukraine's defense

ABOUT THE GUEST

Jonas Rydin

Jonas Rydin is a Swedish entrepreneur and investor specializing in technology and defense. A reservist in the Swedish Marines, he has been working in Ukraine for nearly 20 years, where he initially invested in the IT sector. Co-founder of several companies with his wife, he joined the international mobilization effort in 2022 by creating the NGO Quartermaster for Ukraine, which has provided several million dollars worth of equipment to the Ukrainian armed forces. In 2025, he co-founded Varangians, an investment company dedicated to Ukrainian defense startups, alongside Pär Lager, an expert in military strategy and professor at the Swedish Defense University, and entrepreneur Andreas Flodström.

INTERVIEW

Les Jeunes IHEDN (LJI): Can you tell us briefly about your background and how you got into investing? More specifically, what shaped your interest in defense? Is it related to your experience in the Swedish Marines?

Jonas Rydin (JR): I started investing with my wife about 20 years ago. We had about €2 million in capital at the time and started with small transactions, which gradually grew in scale. My wife focused more on the environmental side, while I managed the rest. It was through the IT sector that I discovered Ukraine in 2007. I was working with subcontractors there and started visiting regularly. This allowed me to build a strong network and develop a detailed understanding of the country and its potential.

At the same time, my involvement in the Swedish Marines played a decisive role. I am a reservist and still devote one day a week to this commitment. This has given me a concrete understanding of operational needs and the importance of innovation in the field of defense. I have had the opportunity to work with several NATO units, including the U.S Marines, and also extensively with the French military. I also had the opportunity to visit the Mistral helicopter carrier. This military background, combined with my expertise in technology, naturally led me to invest in defense technologies. With W5 Solutions[1], I work extensively with European manufacturers such as Safran and Thales. I have also set up a military training center for Sweden’s elite anti-terrorist forces. I was partly inspired by the French GIGN, whose founder I know.

LJI: How did Varangians come about—what market need or war effort were you initially seeking to address?

JR: Varangians was created as a result of several observations. When the war began, I was already investing in Ukrainian companies, but there was no structure capable of connecting Ukrainian innovators, real military needs, and Western defense ecosystems. Ukraine is brimming with talent and ideas, but many foreign investors did not understand the terrain or local specifics. Sometimes Ukrainians themselves were wary, fearing funding from opaque sources. We act as advisors to help Ukrainian startups move in the direction they want to go.

With the help of a Swedish family office, I founded Varangians with Pär Lager, an expert in military strategy, and Andreas Flodström, a Swedish entrepreneur with strong ties to Ukraine. We were a complementary trio: Pär brought his academic and military vision, Andreas his mastery of the Ukrainian tech ecosystem (founder of Beetroot[2]), and I brought my experience in defense and my military networks. We had sent a lot of equipment, but we had no feedback on how it was being used. This war is not like the one in Afghanistan; we do not have air superiority. We are witnessing a return to trench warfare, as during the Great War in Verdun, when generals did not care at all about human lives, just like the Russians today.

Other players, particularly American funds, were already present in Ukraine, but they didn’t have the connections or understand their needs. We have a different way of doing business, and we knew that Ukrainians were very suspicious of foreign investment, especially Russian funds. We had the advantage of being trustworthy because they knew our experience in Ukraine and the defense industry. 

LJI: What is Varangians’ business model? Is it a fund, a network of business angels, or a hybrid structure?

JR: We made a very clear choice: not to create a traditional fund. Funds are rigid and subject to rules that are not suited to a war context. Varangians is an operational investment company, which gives us the flexibility we need to act quickly. We raise capital from family offices and professional Swedish and European investors, and we generally invest between €100,000 and €1 million per company. Unlike a traditional fund, our investors do not have extensive voting rights. This is a strategic choice: we take responsibility for decisions because we know the terrain and the operational needs.

Beyond capital, we act as an industrial facilitator and consultant. For example, we might approach a group such as Safran to identify their needs, then introduce them to Ukrainian startups capable of meeting those needs. In many cases, an industrial partnership is more useful than a direct financial investment. Our role is therefore to create and accelerate the investment processes of these large groups, which would not have invested due to bureaucratic obstacles.

LJI: What criteria do you use to select the startups you finance through Varangians?

JR: We have multiple criteria. First, operational relevance: we look for solutions that meet a real need on the front lines. Many Ukrainian innovations come directly from the trenches, proposed by the soldiers themselves who are faced with a concrete problem. These ideas are often unique in the world. The entrepreneurial ecosystem is very dynamic: there are nearly 2,000 defense startups in Ukraine.

We also analyze feedback from the field. Thanks to the Ukrainian ecosystem Brave1[3], we can see which equipment is actually being used and is popular. It acts as an internal “marketplace” that allows soldiers to earn points when they neutralize a drone, which they can exchange for equipment. This gives us a very detailed view of real tactical needs.

Next, we assess the level of technological innovation: drones, autonomy, electronic warfare, embedded AI, mine clearance, drone neutralization, cybersecurity, and combating disinformation. Finally, we examine the quality of the team, governance, and the viability of the project. Corruption is a real problem in Ukraine. We therefore need to be able to verify information through our network. My experience on the ground since 2007 helps us greatly in reducing this risk.

LJI: Can you give us some examples of specific investments that have already been made?

JR: Yes. We have already made three investments, including one public one: NORDA Dynamics. This startup develops AI-based autonomy modules for drones. Their technology allows the drone to continue its mission even if the radio signal is cut off by electronic warfare—which is one of the crucial issues in the conflict today. Rather than investing in yet another drone, we are looking to support cross-cutting technological building blocks that can improve the entire Ukrainian ecosystem. NORDA is an excellent example of this: its technology is adaptable to multiple platforms and directly addresses a major tactical problem.

LJI: Did you encounter any difficulties investing during the war?

JR: Of course, there are high risks. Paradoxically, investing during wartime also creates a unique opportunity in terms of innovation. In Ukraine, it is possible to test technology 30 kilometers from the front line. You can get feedback in a matter of days, whereas in a European country it can sometimes take several years. The main challenge is verification: ensuring that the data is reliable and that the teams are legitimate. This is where my network, which I have been building for almost 20 years, is essential. I can quickly verify what is serious and what is not. Private capital also makes it possible to speed up processes that would take a very long time if they depended solely on the state. The goal, of course, is to help Ukraine hold out and win. But we also have a long-term vision: to build a solid Ukrainian-European DefenseTech ecosystem capable of making a lasting contribution to the continent’s security after the war.

Challenges and prospects: The Varangians initiative has a bold ambition: to mobilize Swedish private capital to strengthen the Ukrainian defense industry, not only in the short term, but also with a long-term vision. By investing in technologies such as unmanned systems, electronic warfare, and disinformation, Jonas Rydin and his partners aim to make Ukraine a strategic player in DefenseTech innovation. Their role as a “bridge” between the West and the Ukrainian ecosystem allows them to go beyond traditional aid by injecting smart capital, advice, and local credibility. In a context where Ukraine needs quick and effective solutions, Varangians‘ approach is an example of economic and technological soft power.

[1] W5 Solutions is a Swedish company that develops innovative defense technologies with sustainability in mind. Jonas Rydin has been Chairman of the Board since May 2025.

[2] Beetroot is a Swedish-Ukrainian tech company founded in 2012 that combines software development with social impact. It provides dedicated engineering teams and IT services for international clients, while also running the Beetroot Academy, a school that trains thousands of professionals in digital skills.

[3]   Brave1 is a strategic initiative by Ukraine to accelerate military innovation by leveraging startups and technological expertise. It aims to shorten the time between an inventor’s idea and its application in the field, while providing resources (funding, expertise, testing) to quickly translate innovations into useful tools for defense.

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