Propos recueillis par le Comité Moyen-Orient et Monde Arabe – Le 15 novembre 2022
Journaliste au service international du journal Le Point, Guillaume PERRIER est l’auteur du documentaire Erdogan, l’ivresse du pouvoir (Arte, 2016). Spécialiste de la Turquie, où il a vécu pendant 10 ans, il a écrit Dans la tête de Recep Tayyip Erdogan (Solin-Actes Sud 2018). Il travaille régulièrement avec Laure MARCHAND, journaliste indépendante, correspondante pour la presse francophone en Turquie pendant 10 ans. Ensemble, ils ont publié en 2013 La Turquie et le fantôme arménien, sur les traces du génocide (éditions Actes Sud-Solin), récompensé par le prix du document de L’Express ; puis Le Fantôme arménien, avec Thomas AZUELOS, paru chez Futuropolis en 2015.
La récente parution de leur dernier ouvrage, Les Loups aiment la brume, enquête sur les opérations clandestines de la Turquie en Europe (éditions Grasset, septembre 2022), a posé la trame de cet entretien accordé par Guillaume PERRIER aux Jeunes IHEDN. Au cours de cet échange, il nous fait part de son analyse des opérations menées par le pouvoir turc en Europe et du vaste réseau de relais d’influence dont il dispose auprès de la diaspora.
Les Jeunes IHEDN : Comment avez-vous eu l’idée de travailler sur les opérations clandestines turques en Europe ?
Guillaume PERRIER : Pour nous, après plusieurs années sur le terrain, cet ouvrage s’imposait. Laure MARCHAND a beaucoup travaillé sur l’assassinat de Sakine CANSIZ – fondatrice de la branche féminine de la guérilla kurde – et de deux militantes du PKK[1] à Paris, le 9 janvier 2013. Il s’agit d’une opération emblématique des services turcs sur le sol européen. Et ce n’est pas un cas isolé.
Après le coup d’État manqué du 15 juillet 2016, une série d’événements a montré que les services turcs traquaient des opposants à travers l’Europe. D’abord les Gülenistes, accusés d’être les commanditaires du coup d’État, puis, par extension, tous types d’opposants au Président Recep Tayyip ERDOGAN : les journalistes, les Kurdes, les démocrates…bref, toute voix critiquant cette chasse à l’homme entamée par le régime. Les services sont apparus à la manœuvre sur de nombreux sujets, sans oublier la projection militaire de la Turquie en dehors de ses frontières, notamment en Syrie.
Le MIT[2] constitue à la fois un service de contre-espionnage et un service extérieur. Les questions kurde, arménienne, voire grecque, liées à la sécurité intérieure du régime, présentent aussi des répercussions géopolitiques à l’étranger. Il y a donc un prolongement entre ce qu’il se passe en Turquie, la diaspora turque en Europe et le sol européen.
La Turquie mène une stratégie méconnue d’influence et d’opérations clandestines sur le sol européen. Ce danger potentiel, souvent sous-estimé, relève du même ordre que les actions menées par la Russie ou la Chine. Cette stratégie passe par les actions que nous analysons dans notre ouvrage, mais l’influence emprunte aussi d’autres canaux, des centres de recherche ou groupes de réflexion comme l’Institut du Bosphore[3]. Ainsi, des milieux d’affaires influencent aussi le débat politique en propageant une vision pro-turque de l’histoire.
La langue turque est extrêmement poétique. Nous avons choisi ce proverbe « les loups aiment la brume » car il nous semble révélateur. Aujourd’hui, les Européens ne disposent pas d’une image très claire de ce qu’il se passe en Turquie. Des forces proches du pouvoir turc – tout en disposant de leur propre agenda – profitent de cette situation. Je fais ici référence aux nationalistes du MHP[4], à ce que l’on appelait autrefois derin devlet ou « État profond », qui resurgit au cœur de l’actualité.
LJI : Dans votre ouvrage, vous évoquez le ciblage par le MIT des administrations en charge de l’asile dans les États européens. Quelle(s) forme(s) prend ce ciblage ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
GP : Il s’agit d’un exemple, parmi tant d’autres, de l’influence et de l’entrisme des services turcs sur un certain nombre d’institutions européennes. À Paris, j’ai notamment rencontré les personnes en charge de la Turquie à l’OFPRA[5]. Depuis 2016, on constate un afflux considérable de demandes d’asile en provenance de ce pays. Depuis 6 ans, après les Syriens et les Afghans, les Turcs constituent l’un des plus importants contingents de demandeurs d’asile en Europe.
Cela montre une population fuyant massivement la répression et la crise économique qui sévissent dans ce pays. Or, on note l’impréparation des autorités européennes face à ce phénomène. Tout comme leur incompréhension des dynamiques à l’œuvre en Turquie. Cela se traduit par une difficulté à appréhender les dossiers des demandeurs d’asile, leurs requêtes, les menaces dont ils font l’objet. Ainsi, depuis quelques années, la torture est de nouveau massivement employée dans les centres de détention turcs. Ces situations sont pourtant détaillées dans les rapports de suivi européens. Toutefois, ces informations ne parviennent pas, semble-t-il, jusqu’aux niveaux de décisions.
Durant cet afflux massif, des milliers de gens se disant gülenistes ont déposé des demandes en indiquant que l’État turc les persécutait. Mais sans forcément expliquer toute l’histoire. Beaucoup ont aussi essayé de dissimuler leurs liens avec la confrérie Gülen ou ses réseaux. D’où une certaine suspicion des institutions européennes. C’est aussi à ce stade que les services turcs interviennent : ils donnent leur version des faits, essayent d’influencer le jugement de l’OFPRA ou d’autres administrations afin de bloquer les procédures d’asile notamment. En Turquie, le qualificatif de « terroriste » est utilisé de manière très large contre les opposants.
Sur la période 2016-2022, plus de deux millions de citoyens turcs ont fait l’objet d’une procédure pour terrorisme de la part du parquet turc. Le pouvoir turc et son service de renseignement ont souvent instrumentalisé cette question antiterroriste dans leurs rapports avec leurs homologues européens. Il y a là une continuité avec ce qu’il se passe sur le sol turc depuis longtemps.
La Turquie vit dans une forme de purge permanente contre des parties de sa société (les Gülenistes, les Kurdes…). Ces cycles remontent à l’Empire ottoman. Ainsi, le pouvoir règle perpétuellement ses comptes politiques. Les journalistes sont qualifiés de terroristes s’ils publient des informations qui déplaisent, les universitaires s’ils signent des pétitions appelant à la paix entre Kurdes et Turcs.
Depuis plus de quinze ans, l’Union européenne appelle à changer ces lois antiterroristes. Mais la Turquie, membre stratégique de l’OTAN[6], a pris exemple sur les États-Unis post-2001. Elle s’est servie de ce contexte pour renforcer son arsenal sécuritaire, sans remettre en question ses pratiques.
LJI : Vous présentez les liens entre MIT et Diyanet[7]. Comment se traduit leur influence ?
GP : Ces deux structures sont rattachées au Président Recep Tayyip ERDOGAN. Le MIT, les services de renseignement, constituent une véritable garde prétorienne sous la houlette d’Hakan FIDAN, son proche conseiller et homme de confiance.
Le Diyanet – administration des cultes – s’occupe, dans les faits, du culte officiel (islam sunnite). Elle relève de l’autorité du président. Depuis l’arrivée de l’AKP[8] au pouvoir en 2002, le Diyanet a vu son personnel et son influence croître de manière exponentielle. Aujourd’hui, cette entité se trouve plus puissante que les ministères turcs de l’Éducation nationale et de la Culture. Les imams et muftis[9] prennent leurs ordres auprès de cette administration, dont ils sont fonctionnaires. D’une manière assez classique finalement. Mais elle-même obéit à un pouvoir politique qui lui laisse fort peu d’autonomie car, aujourd’hui, toutes les administrations turques sont aux ordres du Reis.
Les imams sont affectés dans tout le pays, mais aussi dans les mosquées turques d’Europe, dans le cadre du système des imams détachés[10], qui a cours en France[11] et en Allemagne notamment. Ils y sont donc des relais d’influence d’Ankara. Ainsi, on compte 130 imams turcs dans les mosquées Ditib, en France. La plupart du temps, ils ne parlent pas français. Leur prêche du vendredi est rédigé par la Diyanet.
Le MIT constitue le bras armé de nombreuses actions officielles et clandestines. Il a parfois recours aux imams et autres fonctionnaires du Diyanet pour des opérations de renseignement, comme en septembre 2016. Après la tentative de coup d’État, les imams des mosquées turques en Europe ont été chargés de rédiger des rapports détaillés sur les convictions politiques de leurs fidèles. Ils ont donc servi d’espions. Depuis, les fichiers rédigés ont été abondamment publiés dans la presse et ailleurs. Nous en parlons dans notre enquête.
L’islam du Diyanet est d’abord un instrument politique et identitaire pour le pouvoir turc. Sa fonction spirituelle auprès des croyants se trouve parasitée par ce rôle de relais d’influence. En effet, il s’agit d’un levier de négociation vis-à-vis des pays européens. Ce contrôle étroit de plusieurs centaines de mosquées sur le territoire de l’Union européenne donne une puissante influence à Ankara, notamment en Allemagne. Et le régime turc a essayé de répliquer ce modèle en France.
En 2021, les deux fédérations rattachées au gouvernement turc que sont le Milli Görüs et le Diyanet (ainsi que le Tabligh, mouvement de prosélytes pakistanais radicaux) se sont ainsi opposées à la signature de la Charte des principes de l’Islam de France. L’État turc a pesé institutionnellement, en s’opposant au ministère de l’Intérieur français, dans le cadre d’un débat politique sur le sol français. In fine, ils ont dû céder et signer la charte, mais cela a donné lieu à plusieurs passes d’armes. Et conduit à la disparition du Conseil Français du Culte Musulman. En soi, cela montre l’influence de la Turquie en France.
LJI : Votre enquête décrit plusieurs opérations clandestines, des infiltrations de longue haleine à travers toute l’Europe, des stratégies d’entrisme politique, mais aussi un réel quadrillage de la diaspora. Dans ce contexte, quelle place pour les opposants dans la diaspora turque en Europe ?
GP : Dans cette histoire, il faut éviter de tomber dans la paranoïa. Ce serait donner raison au régime, car le Président Recep Tayyip ERDOGAN souhaite apparaître comme le porte-voix de tous les Turcs présents en Europe. En effet, depuis une quinzaine d’années, les diverses organisations communautaires ont été reprises en main et unifiées par les partisans du Président. Il affermit ainsi son contrôle sur la diaspora, qu’il perçoit comme une source d’influence politique et financière.
Celle-ci a perdu le caractère indépendant et autonome qu’elle pouvait avoir auparavant. Les islamistes (Milli Görüs) ou les ultra-nationalistes (Loups Gris), les deux structures les plus puissantes en Europe, s’y étaient initialement développées pour échapper au contrôle des militaires alors au pouvoir à Ankara. Depuis 2002, ERDOGAN a longuement œuvré à reprendre en main ces structures. Il a réussi à faire de la diaspora un porte-voix et un prolongement de sa politique intérieure.
Il tente donc de capitaliser sur sa perception d’une diaspora turque soi-disant mal accueillie, mal intégrée, mal considérée. Celle-ci serait discriminée de par ses origines, sa religion, etc. Comme la diaspora le soutient massivement lors des élections (60 – 70% dans les pays d’Europe occidentale), ces discours, cette représentation portent. Il continue de les diffuser afin de mettre en porte-à-faux les pays européens qui accueillent ces populations sur leur sol.
Attention toutefois : sur le territoire turc, où l’AKP connait plusieurs déconfitures, le taux de participation aux élections s’élève à près de 80%. En Europe, le taux de participation de la diaspora est plus faible (autour de 40%), mais avec une forte mobilisation des pro-AKP. En Turquie comme dans la diaspora, le vote possède un caractère sociologique très fort et varie aussi selon les régions géographiques. Ainsi, si vous appartenez à une famille sunnite résidant à Strasbourg ou à Lyon, originaire de Césarée (Kayseri, en Cappadoce), vous voterez probablement AKP, quelle que soit votre histoire personnelle. En revanche, en région parisienne, le vote AKP ne s’élève qu’à 30% au sein de la communauté turcophone : on y compte plus de Kurdes et les Turcs y sont moins nationalistes.
Il y a donc une place pour les opposants. Toutefois, ceux-ci ont du mal à se faire entendre. Quand on s’oppose au régime, les prises de position publiques restent difficiles, même si vous vivez à l’étranger. Les – nombreuses – personnes qui n’appartiennent pas aux courants islamistes et nationalistes, se retrouvent donc sans possibilité de s’exprimer. Ou menacées quand elles le font sur les réseaux sociaux, comme nous le décrivons.
LJI : Votre enquête présente plusieurs cas d’affrontements entre diasporas (Kurdes/Turcs à Paris, Azéris/Arméniens à Lyon). L’importation de ces conflits sur le sol européen est-il un phénomène historique depuis l’époque ottomane, ou bien beaucoup plus récent, avec la reprise des conflits notamment en Arménie ces dernières années ?
GP : Au XIXe siècle, Jean JAURÈS et Georges CLÉMENCEAU débattaient déjà de ces questions à l’Assemblée nationale. Mais il ne s’agit pas de la même chose. Aujourd’hui, l’importation de ces conflits sur le sol européen constitue une réalité. Survivante du génocide, la diaspora arménienne arrive après 1915 à Marseille. Puis, à partir des années 1960-1970, la diaspora kurde et turque vient plutôt dans l’est de la France, pour des raisons économiques. Dans les années 1980, après le coup d’État militaire, ce fut une émigration politique, avec des membres des partis de gauche. Puis à nouveau une émigration pour des raisons économiques dans les années 1990. Ainsi, plusieurs strates se superposent. Avec elles sont arrivées des identités fortes, des histoires porteuses de conflits potentiels les unes avec les autres. Cela fait des étincelles, d’autant plus que le PKK est aussi présent de manière organisée sur le territoire européen.
Suite à la volonté du Président Recep Tayyip ERDOGAN de reprendre en main la diaspora turque, on a assisté à une politisation nationaliste et une certaine radicalisation identitaire. Cela a conduit notamment aux évènements observés à Décines, près de Lyon, durant l’été 2020.
De même, à chaque tentative française de légiférer sur le génocide arménien, la Turquie organise une forte mobilisation, avec des manifestations révisionnistes comme devant le Sénat en 2012. Une vaste partie des 15 à 20 000 participants venaient d’Allemagne et de Hollande par bus.
À l’approche de 2023, année cruciale, ces opérations d’influence et pressions politiques se développeront probablement. Pour Ankara, cela permet de ressouder sa communauté expatriée, d’y attiser un esprit victimaire, de revendiquer une identité politique puissante. Ces démonstrations de force, comme les actions clandestines, mobilisent la machine étatique afin de faire taire les voix dissidentes.
En effet, la diaspora turque porte en elle une identité exacerbée : à Lyon, les Turcs sont plus nationalistes qu’à Istanbul. D’une certaine manière, ils fantasment une mère-patrie dont ils ne vivent pas les turpitudes au quotidien. Aujourd’hui, les habitants d’Istanbul et d’Ankara, même électeurs de Recep Tayyip ERDOGAN, se désolent devant la situation économique. Elle ne bénéficie qu’à celui qui gagne un bon salaire en euros et qui retourne en Turquie durant ses congés.
LJI : Votre travail démontre une collusion entre élites politiques de l’AKP, élites policières et mafieuses. Avec des exemples datant des années 1990 mais aussi très récents. Pensez-vous que ce système sera reconduit lors des prochaines élections présidentielles et législatives en juin 2023, année du centenaire de la république turque ?
GP : Il y a presque dix ans, en 2013, les manifestations liées au parc Gezi (Taksim) ont soulevé beaucoup d’espoir. La jeunesse et la société civile se mobilisèrent pleinement pour dénoncer la dérive autoritaire, paternaliste et islamiste du pouvoir.
Malheureusement, ce cri du cœur, cet espoir sont retombés depuis. Aujourd’hui, de telles manifestations semblent impensables. Un régime policier de surveillance totale encadre la société. Exemple récent, un YouTuber turc réalisait des micros-trottoirs en interrogeant les gens, munis d’une banane, afin de tourner en dérision la parole médiatique. Le lendemain matin, il a été emprisonné. Manifester comme en 2013 n’est plus possible aujourd’hui. À l’époque, la police a été plutôt prudente, le pouvoir ayant reculé, sans aller jusqu’au bout dans la répression[12].
Le vrai tournant a eu lieu en 2015-2016, avec le changement des processus électoraux suite aux législatives. Le pouvoir cherche maintenant à organiser une forme de plébiscite. Si le résultat ne lui convient pas, il recommence les élections. La relance des opérations militaires contre les Kurdes, notamment en Syrie et dans le nord de l’Irak, sert aussi à conditionner l’électorat. Ainsi, à l’approche de 2023, tout le monde attendait une étincelle. Et cet attentat arrive, malheureusement[13]. Ce qui entraine un certain nombre de questions…
Le Président Recep Tayyip ERDOGAN ne peut se permettre de perdre en 2023. Aujourd’hui, l’hypothèse d’une alternance démocratique paraît donc pour le moins fantaisiste. Les figures qui avaient émergé autour de lui ont quitté l’AKP, désavouées, purgées voire emprisonnées (de même que les politiciens kurdes). Ainsi, deux anciens hauts responsables de l’AKP, Ali BABACAN[14] et Ahmet DAVUTOGLU[15] ont tous deux créé leur propre parti d’opposition (le Parti Démocratie et Progrès, ainsi que le Parti du Futur). Avec des chances quasi nulles d’obtenir des résultats.
Le président a tordu les institutions et verrouillé le système. Sans oublier la corruption si importante qu’une alternance démocratique entraînerait des conséquences judiciaires qu’il ne souhaite pas affronter. En face, l’opposition officielle se contente de ce rôle institutionnel, sans envisager la prise du pouvoir. Il y a aussi les nationalistes kémalistes, dont Meral AKSENER (ministre de l’Intérieur entre 1996 et 1997), présidente du Bon Parti.
Nous observons une répétition de l’histoire, à trente ans d’intervalle : une résurgence de l’État profond, ces forces nationalistes qui contrôlent l’appareil sécuritaire et l’instrumentalisent si besoin. Après s’être opposées à ERDOGAN jusqu’en 2012, ces forces de l’ombre travaillent maintenant pour son compte. En effet, celui-ci se maintient au pouvoir en recomposant en permanence son entourage. Après 2015 – 2016, le président ERDOGAN a ainsi attiré ces forces nationalistes pour reprendre la main, en purgeant ses anciens alliés gülenistes.
Nous détaillons plusieurs exemples de la forte imbrication entre les enjeux sécuritaires, territoriaux, historiques mais aussi entre les réseaux mafieux et des islamo-nationalistes Loups Gris, jusque sur les théâtres de guerre (en Syrie avec la brigade Sultan Murad, au Karabagh). Proches des services de sécurité et de la mafia turque, dont Chypre-Nord est un repaire, leur MHP se trouve de nouveau aux affaires. On l’a vu en 2021 avec Sedat PEKER, le parrain turc proche des Loups Gris qui a multiplié les révélations sur le pouvoir, en postant une dizaine de vidéos sur YouTube depuis Dubaï[16].
LJI : Auriez-vous des conseils de lecture pour nos adhérents ?
GP : La biographie du président actuel par Jean-François PEROUSE et Nicolas CHEVIRON, Erdogan, nouveau père de la Turquie ? (François BOURIN, mars 2016). Deux ouvrages d’Hamit BOZARSLAN : Histoire de la Turquie, de l’Empire ottoman à nos jours (Tallandier, mars 2021) et L’anti-démocratie au XXIe siècle Iran, Russie, Turquie (CNRS Editions, 2021). Le livre de Dimitar BECHEV, Turkey under Erdogan (Presses de l’Université de Yale, juin 2022).
[1] Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan).
[2] Organisation nationale de renseignement (Millî İstihbarat Teşkilatı).
[3] Créé en 2009 par le MEDEF et son équivalent turc, la Tüsiad, afin de contrer les revendications et projets législatifs liés au génocide arménien.
[4] Parti d’action nationaliste (Milliyetçi Hareket Partisi).
[5] Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides.
[6] Deuxième armée en effectif après l’armée américaine, disposant d’une position stratégique sur le flanc sud de la Russie et du contrôle sur les détroits du Bosphore.
[7] Présidence des affaires religieuses (Diyanet İşleri Başkanlığı).
[8] Parti de la Justice et du Développement (Adalet ve Kalkınma Partisi).
[9] Religieux musulman sunnite qui est un interprète de la loi musulmane.
[10] Ils relèvent alors de la Ditib, la branche à l’étranger de la Diyanet.
[11] Jusqu’en 2024.
[12] Bilan : 7 morts et plus de 3 000 arrestations.
[13] Le 13 novembre 2022 à Istanbul, 6 morts – Attentat attribué au PKK (qui dément) par le pouvoir.
[14] Plusieurs fois ministre de l’Économie, mais aussi des Affaires Etrangères entre 2007 et 2009 puis vice-Premier Ministre de 2014 à 2015.
[15] Ministre des Affaires Étrangères de 2009 à 2014, puis Premier Ministre et président de l’AKP de 2014 à 2016.
[16] Suite à l’amorce de réconciliation, pour des raisons financières, entre les Émirats Arabes Unis et la Turquie, il n’a plus accès à Internet.
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