Propos recueillis par Alma Désveaux, Emma Potel et Clara de Maubeuge, membres du Comité Armée du futur
Vincent Dorival est « issu d’une famille de sapeurs-pompiers, il s’oriente naturellement vers cette voie professionnelle ». Il est incorporé en mai 1998 à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Cependant, victime d’un grave accident de la route en avril 2001 alors qu’il se rendait à son lieu de travail, Vincent Dorival va devoir réapprendre à donner un sens à sa vie. C’est par le sport après huit ans de rééducation que le sergent Dorival va se reconstruire. Très vite, il intègre le Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides, où il se distingue en réalisant un palmarès impressionnant.
Par la suite, il crée l’idée d’« ultra-parcours blessé militaire », dédié à l’accomplissement d’exploits sportifs en solitaire. En parallèle de ces exploits, le sergent Dorival poursuit son engagement militaire au service de la France. En effet, en 2013, il réintègre la BSPP en qualité de sous-officier de réserve citoyenne en tant que référent pour la mission handicap. Il intervient également régulièrement au profit du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA).
En 2019, après 4 ans de préparation, il accomplit une performance exceptionnelle au profit du projet ULTRAOPS. Aux côtés de 6 blessés, il réalisa en fauteuil roulant dit « de vie » la traversée du désert de la vallée de la mort de son point Nord à son point Sud, soit 309 km en 14 jours. La réalisation de ce premier défi a permis d’acter la création de l’association ULTRAOPS. Un nouveau défi émergea à la suite de ce premier challenge, « Las Bardelas », avec la même équipe encadrante bénévole et 7 autres militaires blessés. Le prochain est en cours de préparation pour septembre 2024 qui s’effectuera en Grèce et intéressera cette fois-ci 14 militaires blessés.
Tout au long de sa reconstruction Vincent Dorival a fait preuve de résilience, concept qu’il place au cœur même de son association : « La résilience est la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit d’un traumatisme qui suppose normalement le risque d’une issue négative ».
À travers le récit de Vincent Dorival, fondateur de l’association ULTRAOPS, l’article vise à réfléchir sur la place du militaire blessé dans la société, entre socialisation accrue et perte d’influence. Il évoque la possibilité de faire Nation autour de la notion de résilience : « capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable en débit d’un traumatisme qui suppose normalement le risque d’une issue négative ».
I. Le vécu du soldat face à la blessure et au culte du corps
Les Jeunes IHEDN (LJI) : Comment la blessure change la perception de soi et de son corps ?
Vincent Dorival (VD) : Quand tu es blessé, tu perds ta musculature et ce corps que tu as entraîné, musclé et dont tu étais si fier. On t’apprend lors de ta formation à bomber le torse, à être beau, fort et finalement quand tu es blessé, en plus de ta blessure tu perds cette identité. En réalité, ce corps préparé ne t’appartenait pas, c’était le gage de ton métier pour faire face à l’adversité et tu t’en rends compte lorsque tu te reconstruis.
Il est donc indispensable de former et préparer les militaires à la blessure et cette vertu de résilience. D’ailleurs, on dit aux militaires que ses jours de repos sont faits pour prendre soin de son corps, se reposer. Théoriquement, il se doit de récupérer pour être complètement opérationnel sur sa prochaine mission ou garde. C’est un capital dont il doit prendre soin pour l’exercice de son métier.
LJI : On ne t’a pas laissé rester militaire d’active après ta blessure. Est-ce que tu penses qu’on devrait pouvoir garder des militaires blessés sous ce statut ?
VD : J’ai toujours considéré que la blessure faisait partie de mon métier. Ce n’est pas celle-ci qui m’a posé un véritable problème, mais l’idée de ne plus être militaire d’active, et ainsi de ne plus servir. C’est à partir de ce moment que j’ai pris réellement conscience que j’étais handicapé. Mentalement, au-delà de la blessure, le plus dur, c’est de devoir quitter l’institution, cela ajoute une blessure sur la blessure. En fauteuil, tu peux toujours apprendre à faire ta mission et ta vie différemment.
Maintenant, tous les militaires sous contrat qui sont blessés ne peuvent pas être réintégrés en tant que militaires. Ils peuvent être réintégrés en tant que civils de la défense par exemple. Le statut du militaire du rang est avant tout un soldat sous contrat avec une carrière à construire et si tu n’es pas de carrière, tu ne peux pas prétendre à rester militaire en tant que blessé. Et tout simplement, tu ne peux pas garder des blessés sur des postes où ils doivent être opérationnels. Et certains postes, dans les services comme en état-major demandent une certaine expérience que le militaire du rang n’a pas. Aujourd’hui il y a tout de même une avancée car on peut te proposer certains postes alors qu’avant c’était inimaginable. Un point est important à soulever, c’est que le militaire sous contrat qui se blesse pendant qu’il est au repos, n’a plus rien derrière lui. L’armée ne va pas prendre en compte ce qui se passe dans le civil.
II. Développement des compétences et retour d’expérience
LJI : Est-ce que tu as déjà eu des frayeurs au cours de ta carrière ? Et à ce moment-là qu’est-ce que tu t’es dit ?
VD : Je me suis déjà fait peur oui sur feu parce que j’avais fait de la *merde*. Je me suis laissé prendre par une volonté trompeuse et par un manque d’humilité impardonnable. Je m’en suis voulu, notamment du fait d’avoir entraîné mon binôme avec moi. J’avais pris une mauvaise décision et j’ai plus été traumatisé par ma décision que sur d’autres interventions. Encore aujourd’hui, j’ai du mal avec ça.
LJI : À ton époque, on faisait des retours d’expériences dans ces cas ?
VD : Non, pas sur un feu comme ça. Les RETEX, ça se fait sur des grosses interventions ou lorsque des problèmes sont à faire remonter. Là le problème, c’était moi, seule la remise en cause personnelle est à retenir. On écoute davantage les plus anciens, les expérimentés ainsi que le jeune qui a aussi des choses pertinentes à ajouter. D’autant plus, que les jeunes qui arrivent chez nous sont souvent formés par leurs années de volontaire même s’ils doivent tout reprendre à zéro.
LJI : Le commandement, pourrait-il mieux préparer les militaires aux interventions difficiles, notamment sur les questions de blessure et de la résilience ?
VD : Aujourd’hui, c’est déjà un peu plus rentré dans les mœurs par rapport à l’époque. Depuis que le syndrome post-traumatique est considéré comme blessure dans les armées, les choses se sont développées dans ce sens. Maintenant, par exemple, il y a un médecin psy à la BSPP alors que moi à mon époque il n’y en avait pas. Tu consultais à Beguin. À la BSPP comme dans les autres unités, le syndrome post-traumatique, on ne voulait pas en entendre parler pendant des années parce que cela voulait dire que tu étais faible.
LJI : Cela paraît étonnant puisqu’on pourrait penser qu’à la BSPP vous êtes beaucoup exposé à la mort que les autres.
VD : C’est vrai quand on s’engage, nous sommes confrontés à la mort des autres et sans réellement porter une attention sur ce que cela peut occasionner sur toi. Ça va trop vite. C’est après quand les choses se calme qu’il peut y avoir une sorte de réminiscence. La mort, tu vis avec !
LJI : Pourrait-il y avoir une volonté du commandement de ne pas former les militaires du rang à ce genre de problématique pour ne pas leur faire peur et ainsi les fidéliser ?
VD : Je ne pense pas car l’engagement émane dans un premier temps d’une réflexion et d’un désir personnelle assumé. Dans ce cas, le risque est consenti. La problématique, tu vas y être rapidement confronté une fois engagé sur le terrain. A mon avis, c’est plus un travail sur le soldat augmenté. La densification doit t’aider à considérer que tu puisses être blessé, que tu te dois résilience et surtout à mobiliser tes ressources pour te reconstruire le plus vite possible. C’est ce qui manque, car on ne considère pas assez l’acceptation de la blessure. C’est là-dessus que j’aimerais que les choses se développent. Tu peux te voir mort, mais à aucun moment, tu ne peux t’imaginer blessé. C’est plus difficile à considérer.
Dans « l’engagement » du militaire, il y a à l’expression : « en gage ». C’est-à-dire qu’il met son corps en gage pour l’armée. Il accepte donc d’y laisser sa santé physique et psychique au service de la nation. C’est un acte très fort qu’il faut garder à l’esprit. D’autant qu’aujourd’hui nous rentrons dans une guerre à haute intensité et le risque est bel et bien présent. Il a d’ailleurs toujours été présent. C’est juste qu’on en parle plus depuis l’Afghanistan et la Vallée d’Uzbin. Qu’ils soient accompagnés à la philosophie, à la réflexion, à cette culture de la résilience. Certaines lectures s’y prêtent formidablement bien. On forme les officiers à prendre de la hauteur, à voir le combat dans sa globalité, dans quoi ils s’inscrivent, leur rôle ainsi que les conséquences de leurs décisions auprès de leurs hommes, à penser l’après, etc. Cette vision est très peu délivrée auprès des militaires du rang, sauf démarche personnelle. Or ce sont les premiers à être au contact du conflit et à se blesser. On devrait pouvoir l’inscrire dans une doctrine de formation, à l’instar du Sergent BLASCO qui sans le connaitre personnellement dégageait cette idée du soldat augmenté, valeureux, vertueux et surtout empreint d’un engagement assumé.
III. Le système de prise en charge des militaires blessés
Pour l’extrême majorité, leur parcours de reconstruction se voit mêlé à l’acceptation de la blessure, au handicap, au deuil d’un camarade, au deuil de son métier, à la perte de salaire, aux expertises, assurances et droits débattus, à la vie de famille qui se dégrade allant pour beaucoup jusqu’au divorce. Se retrouvant dans une position « d’assisté », démuni financièrement et sans solution, le soldat qui a toujours été homme d’action, de prise d’initiatives, d’efforts et de résistance ne se considère plus comme tel avec une honte qu’il porte injustement en lui. Entre 2010 et 2019, 2 800 militaires français souffrant de blessures psychiques ont été recensés. Dans la seule armée de Terre, ce sont 70% des militaires blessés en congé maladie pour longue durée souffrant de stress post-traumatique. Aujourd’hui, le ministère des Armées recense plus de 7 500 blessés dont 3 000 seraient atteints du syndrome de stress post-traumatique : « phénomène d’effraction du psychique et de débordement de ses défenses par les excitations afférentes à la survenue d’un évènement agressant ou menaçant pour la vie ou l’intégrité (physique ou psychique) d’un individu, qui est exposé comme victime, témoin ou acteur ».
Longtemps, la blessure psychique a été ignorée et incomprise au sein de notre société mais aussi au sein du milieu militaire d’autant plus que l’honneur et la virilité s’avèrent être la norme. La blessure demeure le fait d’autrui. C’est durant la Grande Guerre, mais plus particulièrement durant la guerre du Vietnam qu’un nombre de praticiens et de chercheurs français commenceront à s’intéresser de plus près aux blessures psychiques de guerre. Le psychiatre militaire Pr. Corcq a permis une certaine reconnaissance du trouble de stress post-traumatique désigné par le terme « syndrome psychotraumatique ». Depuis de nombreux dispositifs sont disponibles au sein de l’armée comme la cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre à l’automne 1993 CABAT ou encore les maisons ATHOS.
LJI : Qu’est-ce que tu améliorerais sur la prise en charge des militaires blessés dans l’institution ?
VD : Pour moi, il faudrait un état-major sur la question du blessé. Unifier les cellules d’aide pilotées par un général avec un chef d’état-major. Celle de l’armée de terre a par exemple plus de moyens humains que les deux autres. Forcément l’armée de terre concentre la majeure partie des unités combattantes et donc des blessés. Selon si on est dans l’armée de terre, de la marine ou une autre armée, on peut avoir une prise en charge et un catalogue de reconstruction différent en fonction des moyens. Une réorganisation centralisée permettrait d’être plus efficace avec une direction commune selon que l’on soit gendarme, sapeur ou marin….
Contrairement à nos homologues américains où la prise en charge du blessé est faite par les associations, chez nous, les institutions se composent de cellules d’accompagnement. Il y a des imperfections c’est sûr, mais elle a déjà accompli de grandes évolutions en faveur de nos militaires blessés.
IV. Focus sur l’association de Vincent Dorival : ULTRAOPS
L’association ULTRAOPS décide de mettre en lumière, ces militaires qui, même blessés peuvent continuer à servir la Nation : « Même atteint toujours servir ». Son projet « Résilience Opérationnels Blessés », attire en grande majorité des blessés issus des trois composantes spéciales Terre/Air/Marine Nationale mis à disposition du COS, appelés plus communément les « OPS » comme : les forces spéciales, intégrant des unités parachutistes, de renseignement, reconnaissance, de contre-terrorisme, nageur de combat, de transmission, escadron de transport et d’hélicoptère. Les unités d’élites comme le GIGN, la Légion Étrangère, la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris et le Service de Santé des Armées par leur médecins et infirmiers servant dans ces unités sont également intéressés, car du fait de leurs expériences vécues et de la vivacité de leur parcours, ils ont besoin d’un défi pour s’évaluer. Ainsi, ils décident de se lancer dans un projet de deux ans qui consiste à se préparer et s’affranchir d’une traversée en milieu désertique sur des distances « Ultra ». Ils ne le font pas uniquement pour eux mais aussi pour leurs frères d’armes blessés ou tués au combat. De même que l’association contribue à aider la prise en charge des blessés en soutenant le Centre de Transfusion Sanguine des Armées, considérant qu’il s’agit du premier maillon de la prise en charge des blessés. Ils font preuve d’une grande résilience. L’association Ultraops est donc porteuse d’une forte action : celle de la reconstruction. Le dialogue, la cohésion, l’effort, la marche sont des éléments importants qui vont mener chacun des militaires blessés vers le chemin de la reconstruction.
LJI : Selon toi, quelles actions permettent aux blessés de se reconstruire ?
VD : Je pense qu’avant tout ce qui fonctionne pour reconstruire le blessé, c’est le terrain, la cohésion, le sport, le défi et la résilience que cela lui demande. Je ne suis pas très fan de la reconstruction trop « médicalisée » du blessé. Il faut démontrer que la blessure peut être perçue comme quelque chose de positif dans ce qu’elle va te permettre de réaliser. Dans le cadre d’ULTRAOPS, le blessé se porte volontaire, il nous arrive généralement par un pair et commence alors sa reconstruction par l’action, le défi. Un binôme se forme naturellement avec un autre blessé déjà membre actif de l’association qui mentor le premier. On lui donne une mission à accomplir : un défi sportif, dans un environnement étranger, avec un délai et un objectif à atteindre. Il doit se préparer mentalement et physiquement pour réussir cette mission un peu comme dans l’armée, dans le cadre d’une opération extérieure. Et ça marche parce qu’il retrouve ce côté défi, cette mission, l’entraide de ses pairs, la fraternité dans l’adversité. C’est le terrain qui parle, la mission, le but, la cohésion. Il a 300 bornes pour réfléchir. Quand il se couche le soir, il sait pourquoi il est fatigué et il a aussi un objectif pour le lendemain. D’ailleurs, ça fonctionne parce qu’entre blessés, on se ressemble et on ne se juge pas, il y a une certaine légitimité dans les conseils que l’on se donne. En parallèle, les bénévoles de la logistique, l’équipe médicale, les coachs sont tous convaincus du projet. S’ils avaient été blessés eux-mêmes ils auraient sûrement entamé ce processus de guérison là. C’est une des forces de notre association.
LJI : Qu’est-ce que tu penses des dispositifs mis en place pour la réinsertion des blessés dans les entreprises ?
VD : Dans Ultraops, on a réussi à réinsérer des blessés à travers nos réseaux dans des entreprises et ça marche plutôt bien. Mais après, il y a des mecs qui sont portés par le terrain et ils ont du mal à retrouver la stimulation du métier de militaire dans le civil. Aujourd’hui grâce aux conférences, on a des entreprises qui nous interpellent pour nous dire qu’elles sont prêtes à embaucher des blessés. Une des voies porteuses pour réintégrer des blessés dans le monde du travail civil, c’est la cyber sécurité. Il faut laisser du temps aux blessés de se reconstruire, c’est pour ça qu’on travaille dans la longueur.
V. Être résilient en société
Aujourd’hui, notre société nous fragilise. Elle ne cesse d’évoluer offrant « une vie angélique autorisée par un progrès scientifique et technique capable de nous affranchir effectivement de nombreuses contraintes matérielles ». Le passage d’une société de tradition rurale et ouvrière à une économie tertiaire a eu pour conséquence de diminuer les capacités physiologiques des individus. Le principe de précaution et la culture du risque zéro globalisés à tous sujets de société : poste de travail, sport, vie domestique, aménagement, collectivité, sont tout autant des environnements de vie aseptisés. Alors même si le combattant est aujourd’hui en meilleur santé que celui par le passé, il présente des capacités moindres que celles de ces prédécesseurs face à la douleur et à l’effort prolongé. C’est notamment le cas pour notre société, qui ne nous confronte peu ou plus face à l’effort, à la souffrance ou encore à la mort, alors qu’il constitue des éléments formateurs du futur militaire. Malgré cela, une partie de notre génération est attirée par l’armée en y voyant une organisation jeune, diversifiée et ouverte à tous et qui séduit un grand nombre.
LJI : Est-ce que la rééducation du blessé ne passerait pas aussi par la « rééducation » de la société par une sensibilisation sur la question des blessés de guerre justement ?
VD : Je pense que la société devrait tout d’abord réapprendre le rôle du militaire au sein de notre société, lui qui protège notre Nation, ensuite et le plus important, évoquer le militaire blessé. Il ne s’agit pas seulement de mieux considérer nos militaires, mais toutes les sentinelles de notre Nation comme les médecins, les policiers, les éboueurs… ceux qui tous les jours se lèvent pour le bien commun.
Les personnes qui donnent de leur temps, leur corps et leur esprit pour le bien de la nation et qui se soucient du bien d’autrui. Et après, on pourra parler de résilience. Mais au-delà du militaire blessé, il faut enseigner et former la société, la jeunesse à la résilience. Car aujourd’hui on ne sait plus ce que c’est d’obtenir par nous-même quelque chose. On ne considère plus le travail comme une chance, une jouvence, d’être en société, de pouvoir nourrir ta famille avec ton travail.
Je pense que les générations futures seront toutefois plus résilientes mais à leurs dépens. On va basculer dans une société qui va être tellement dure que finalement les jeunes générations vont être confrontées à des problèmes que nous n’avons jamais connus.
LJI : Beaucoup de soldats n’ont pas de lien direct avec la jeunesse. Qu’est-ce qu’on peut faire pour faciliter ces échanges ?
VD : Vous, les Jeunes IHEDN et votre action, vous êtes déjà un exemple magnifique. Pour ma part, j’ai un vrai problème avec les jeunes générations et c’est certainement lié au fait de m’être battu contre moi-même ce qui te rend dur avec les autres. Quand j’ai découvert les Jeunes IHEDN ça m’a réconforté. Une des jeunes du comité Armée du Futur est venue en stage chez nous et a aussi participé à la conférence du comité santé, cela m’a réconforté et poussé à m’ouvrir à cette jeunesse, et à vouloir échanger avec elle. Elle a su faire preuve d’initiative, s’adapter, être curieuse dans ses conversations, ses lectures. Et ça n’était pas facile ! Elle a su gagner la confiance des mecs, qui sont des guerriers blessés et ça, c’est une vraie preuve de compétence. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas un trop gros décalage. Je pensais que des jeunes comme vous ça n’existait plus et ça m’a donné plein d’idées pour l’avenir.
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