Relations franco-allemandes : regards croisés des attachés de défense

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Relations franco-allemandes : regards croisés des attachés de défense

Propos recueillis par Jannelle Barçon, Karla-Lina Boudjellouli et Raïssa Pabryk, membres de la délégation internationale d’Allemagne, et Louise Defrance, membre du Comité Culture et Influences – Le 11 novembre 2024

À propos des invités

Guillaume Gommard

Diplômé de l’École Polytechnique Computer Science Laboratory (promotion 2000), Guillaume Gommard est entré à la Direction Générale de l’Armement (DGA) en 2005. Après plusieurs postes essentiellement consacrés à la numérisation des forces armées, il en a rejoint la direction internationale en 2019. Depuis 2022, il est attaché d’armement à l’ambassade de France à Berlin.

Brigadegeneral Markus Reinhardt

Attaché de défense à l’ambassade d’Allemagne à Paris depuis 2023, le général Reinhardt rejoint la Bundeswehr en 1987. Après une formation aux États-Unis, il est breveté pilote sur F4 Phantom. À l’issue de ses études en sciences politiques à la Helmut-Schmidt-Univesität à Hambourg, il occupe entre autres plusieurs postes au sein de la direction du personnel de la Bundeswehr, au sein de l’état-major de la Luftwaffe ainsi que de l’OTAN. Le général Reinhardt est auditeur de la 71e session du CHEM et de la 74e session de l’IHEDN.

À PROPOS DE L’INTERVIEW

La Délégation Internationale Allemagne et le comité Culture & Influences de l’association des Jeunes de l’IHEDN ont réalisé ce regard croisé pour l’occasion du 11 novembre 2024 et dans le cadre des actualités européennes. L’objectif était de pouvoir aborder les relations franco-allemandes en retenant les points de vue français et allemand. Ce « regards croisés » permet d’éclaircir l’état actuel et les enjeux des relations franco-allemandes sur les sujets de défense et de sécurité.

Ces deux entités se sont d’abord entretenues avec M. Guillaume Gommard, attaché d’armement français à Berlin. L’entretien s’est effectué en visio avec la présence de M. Gommard, Raïssa Pabryk et Louise Defrance. Une présentation des différents participants a introduit l’entretien, puis le comité Culture & Influences et la Délégation Internationale Allemagne ont posé tour à tour des questions préparées par les deux entités en amont de l’interview. La ligne directrice donnée aux questions et aux réponses était la suivante : « Hétérogénéité des menaces et nouveaux paradigmes de réponse ». L’entretien a duré environ une heure et s’est conclu sur une perspective future de la collaboration franco-allemande pour la défense et la sécurité.

Concernant le côté allemand, la Délégation Internationale Allemagne a pris soin de contacter l’ambassade allemande à Paris. Ils ont répondu à nos questions par écrit. Les réponses sont claires et concises mais les éléments seront forcément moins nombreux car le format de l’interview fut différent.

INTERVIEW

Les Jeunes IHEDN (LJI) : Quel est le statut des relations franco-allemandes actuellement, et de quelle manière les avez-vous vues évoluer au cours des dernières années ?

Guillaume Gommard (GG) : Le moteur franco-allemand est, je pense, nécessaire pour l’Europe de la défense. Il se trouve qu’il n’est pas toujours évident de faire tourner ce moteur et c’est normal : les intérêts sont forts et pas toujours parfaitement convergents. Pour autant, lorsque je retrace l’évolution des relations depuis ma prise de poste, en août 2022, jusqu’à aujourd’hui, j’ai vu une amélioration.

En août 2022, nous étions un peu bloqués sur le SCAF (Futur Combat Air System) et sur le MGCS (Main Ground Combat System). En décembre 2022, nous avons signé le contrat de la phase dite « 1B » du SCAF (c’est-à-dire la conception du démonstrateur). En mars 2023, les équipes industrielles étaient constituées. En juin 2023, ce sont les négociations du MGCS qui se sont débloquées. Les ministres en ont fixé les nouveaux paramètres en septembre 2023 et, huit mois plus tard, ils signaient un mémorandum d’entente. Les industriels ont confirmé leur implication en juin 2024 en officialisant une lettre d’intention au salon Eurosatory. Comme vous le voyez, le rythme est soutenu.

Markus Reinhardt (MR) : À première vue, les relations franco-allemandes peuvent paraître affaiblies et la volonté de coopération éclipsée par les préoccupations nationales respectives. Or, en profondeur, elles restent solides. Les relations franco-allemandes s’appuient sur des structures et des formats d’échange bien établis, qui continuent de fonctionner efficacement. Cela permet de maintenir un dialogue franc et constructif, même en ces temps politiques mouvementés.

LJI : Comment expliquez-vous ce changement de dynamique?

GG : Une des explications vient du politique : les ministres Lecornu et Pistorius se comprennent très bien, ont la même approche des choses, et la même envie de faire avancer les projets.

Une deuxième explication tient à la méthode de travail entre gouvernements. Depuis fin 2022, les séminaires gouvernementaux franco-allemands sont moins formels et plus opérationnels. Il y a plus d’échanges sur le fond. Nos gouvernements ont d’ailleurs avancé sur d’autres sujets que la défense : je pense à l’énergie, ou au pacte de stabilité, par exemple.

LJI : Est-ce qu’il n’y a donc pas eu une adaptation à la culture des affaires de chaque pays ?

GG : Si, certainement. On tire mieux le meilleur des deux mondes, entre une Allemagne assez « business-oriented » et une France plus soucieuse des questions de souveraineté.

C’est aussi en partie vrai entre administrations, simplement parce qu’avec le temps, nous connaissons mieux la manière de travailler et de négocier du partenaire. En 2017, nous participions ensemble à un certain nombre de coopérations multilatérales, par exemple l’A400M, mais nous avions un peu perdu l’habitude des grands projets d’armement bilatéraux franco-allemands. Les équipes abordent les négociations différemment maintenant.

LJI : Il y a donc un vrai enjeu interculturel, entre les négociations et le reste.

GG : Oui, et à tous les niveaux : gouvernements, administrations et industries. Cela prouve que la compréhension interculturelle n’est pas un acquis, elle se travaille, y compris avec un voisin aussi proche que l’Allemagne.

LJI : Selon nous, c’est plus évident côté politique et stratégique. Est-ce le cas au niveau des industriels ? C’est un long processus… C’est certainement le même problème.

GG : C’est possible… mais ça dépend des industriels. Certaines entreprises vivent très bien la coopération franco-allemande. En général, elles n’ont pas attendu des injonctions étatiques pour travailler ensemble. Elles ont investi chez l’autre, trouvé des partenaires, des clients, des fournisseurs, et donc une habitude à travailler en interculturel. Je pense par exemple à Safran et MTU, qui pilotent le pilier moteur du SCAF, et travaillent très bien ensemble. Il se trouve qu’elles avaient déjà des partenariats et des co-entreprises préalables ; ça aide.

LJI : En matière de défense, quels sont les grands enjeux dans votre pays hôte ?

GG : J’en verrais trois : le budget, les ressources humaines, et l’état d’esprit vis-à-vis de la défense.

Sur le budget, l’Allemagne a consacré environ 2 % du PIB à sa défense en 2024. La question est maintenant de pérenniser cet effort. C’est une équation compliquée qui a d’ailleurs contribué à l’implosion de la coalition tricolore.

Sur les ressources humaines, la Bundeswehr accuse un manque de personnel structurel. Cela a conduit le gouvernement allemand à proposer de réintroduire un service militaire, ou du moins à y réfléchir sérieusement.

Derrière ces défis matériels se cache en fait le troisième, plus essentiel : l’état d’esprit de la société vis-à-vis de la défense. Je trouve que le ministre Pistorius s’est réellement saisi de cette question. C’est assez courageux politiquement, vu l’histoire de l’Allemagne. Et finalement, c’est la condition qui rendra acceptables ou non les efforts que la défense implique.

MR : La France dispose aujourd’hui d’une armée aguerrie dans les interventions extérieures. L’enjeu majeur est la transition vers une armée capable de soutenir des combats de haute intensité. Il en découle différentes réflexions. Sur le plan international, la France cherche à équilibrer son engagement dans l’OTAN et l’UE avec sa volonté d’autonomie stratégique. Sur le plan capacitaire, les drones et l’intelligence artificielle sont identifiés comme des capacités clés de la défense et d’importants moyens y sont consacrés.

Un autre défi, celui-ci partagé avec l’Allemagne, est le recrutement et la fidélisation des effectifs militaires.

LJI : Pensez-vous que ça a fonctionné, qu’il y a eu un changement ?

GG : Oui, même s’il n’y a pas unanimité, ni un consensus politique comparable à ce qu’on a en France, l’évolution est réelle.

À titre d’illustration, je retiens que l’industrie de défense allemande dit ne pas avoir de mal à recruter. Je pense en l’occurrence à KNDS Allemagne et Rheinmetall, mais il y aurait d’autres exemples. C’est remarquable, car le marché du travail en Allemagne est traditionnellement tendu, il y a peu de chômage, et l’industrie de défense était autrefois mal considérée, elle n’attirait pas les talents. Que ces deux entreprises parviennent maintenant à séduire est significatif.

LJI : On rejoint votre troisième point sur l’état d’esprit et finalement, c’est assez fort de sentir que la mémoire joue encore un rôle qui, peut-être, est en train d’évoluer ?

GG : Oui, complètement. Globalement, l’Allemagne doit, en quelque sorte, se redéfinir en partie pour concilier son passé, sans le renier, et les enjeux de défense de l’avenir.

LJI : Au sujet des coopérations militaires actuelles entre la France et l’Allemagne, sur le plan des industries surtout, vous nous avez déjà indiqué qu’il y a déjà eu une amélioration considérable depuis 2022. Quel est leur statut aujourd’hui et comment se sont-elles développées ? Pouvez-vous nous décrire la coopération militaire entre la France et l’Allemagne en termes d’industrie ?

GG : Les deux projets principaux sont évidemment le SCAF et le MGCS.

Concernant le SCAF, un contrat existe, il est en cours d’exécution, et les industriels livrent les analyses attendues ; c’est une quantité de travail tout à fait significative : ça tourne ! Le défi du SCAF sera de lancer la phase suivante, la réalisation du démonstrateur pour une mise en vol avant la fin de la décennie. Il y aura inévitablement une phase de négociation complexe.

Concernant le MGCS, un contrat est en cours de rédaction, d’une part, et les industriels travaillent à la création d’une joint venture destinée à recevoir ce contrat. L’objectif sera de notifier le contrat « pas trop longtemps » après les élections allemandes. Le calendrier politique crée un peu d’incertitude mais les équipes étatiques et industrielles travaillent d’arrache-pied à l’heure où je vous parle.

MR : Les coopérations militaires entre la France et l’Allemagne sont excellentes, s’appuyant sur des échanges fréquents à tous les niveaux, y compris entre les ministres Lecornu et Pistorius. Le Groupe Franco-Allemand de Coopération Militaire (GFACM) reste le format de coopération institutionnalisé le plus ancien pour l’armée allemande. On observe également des partenariats stratégiques, comme la codirection franco-allemande de la coalition de défense aérienne et antimissile intégrée de l’Europe. Les deux armées bénéficient d’une connaissance mutuelle approfondie et d’un niveau d’intégration unique, illustré par la brigade franco-allemande, l’escadron de transport à Évreux ou encore divers échanges de formations. Côté industriel, des programmes ambitieux comme le SCAF et le MGCS sont des symboles de cette collaboration.

LJI : Je comprends que la France et l’Allemagne peuvent tout à fait se compléter en matière d’industrie de défense. Est-ce qu’ils peuvent aussi se compléter sur le terrain ? Vous avez déjà un petit peu abordé le sujet avec la brigade franco-allemande par exemple. Comment est-ce que tout cela s’organise ?

GG : Oui, elles se complètent sur le terrain, on le voit avec des unités conjointes comme la brigade franco-allemande ou l’escadron franco-allemand de C130J à Évreux. Certes, il y a une différence d’expérience : la France s’est davantage trouvée en opération extérieure ces dernières décennies, mais c’est un facteur de complémentarité car la Bundeswehr peut évidemment en profiter.

MR : Les deux armées se complètent à travers leurs capacités spécifiques : la France excelle dans la projection de forces, avec une présence marquée en Indopacifique et une solide expérience opérationnelle. L’Allemagne, de son côté, se distingue par son intégration interalliée et une approche rigoureuse et prévoyante, contribuant à renforcer les capacités globales au sein des coalitions internationales.

LJI : Puisque nous parlons des convergences, est-ce que nous pouvons parler des divergences ? La question serait, en quoi les stratégies militaires des deux pays divergent-elles au regard des défis actuels ?

GG : Une différence d’approche importante est la pratique de la dissuasion. En France, la dissuasion nucléaire est évidemment l’ultime recours, l’assurance-vie. État non doté, l’Allemagne doit réfléchir à une forme de « dissuasion conventionnelle », ce qui en France est un oxymore : il n’existe de dissuasion que nucléaire. Cela peut conduire à des incompréhensions.

Ensuite, il y a une nuance sur la place relative de l’Europe et de l’OTAN. Nous sommes tous d’accord que ce sont des entités structurantes pour notre défense, que l’OTAN est essentielle pour notre sécurité collective et qu’il faut y renforcer le pilier européen. Mais, pour le dire simplement, la France équilibre davantage ses œufs entre les deux paniers.

MR : Il est important de souligner les nombreuses convergences dans les stratégies des deux pays, notamment leur alignement au sein de l’UE et de l’OTAN, ainsi que sur des priorités géopolitiques comme l’Ukraine ou l’Indopacifique ou encore en matière d’armement, le besoin de s’adapter à un cycle d’innovation accéléré. Nos différences ne se trouvent pas dans les valeurs mais peut-être dans le tempo de mise en œuvre. Selon mon analyse, l’Allemagne cherche d’abord la cohérence et le consensus de l’alliance et la France souligne l’effet recherché même si cela veut dire avancer avec une (petite) coalition de pays motivés.

LJI : Est-ce que ça ne va justement pas changer avec les dernières élections ?

GG : En théorie, le résultat des élections américaines devrait inviter les européens à davantage prendre en main leur défense. En Allemagne, j’entends quotidiennement la formule « faire plus en européens », et ce avant novembre 2024.

En pratique, le chemin sera long et semé d’obstacles. Un exemple à titre d’exercice de pensée. Imaginons que Donald Trump propose un deal brutal et transactionnel au prochain chancelier allemand, par exemple : « soit vous m’achetez 35 F35 supplémentaires, soit je dis que l’article 5 n’est plus valable ». Je force le trait, pour montrer que les pays européens vont être soumis à des dilemmes douloureux sur la voie vers le renforcement du pilier européen.

LJI : Nous parlons de l’OTAN et des États-Unis. Où se situe l’Union européenne par rapport à ces questions-là ?

GG : L’Union européenne peut avoir un rôle de facilitatrice entre États membres, et de levier pour susciter des volumes économiques inenvisageables pour un État membre seul.

Les initiatives de l’UE en matière de défense y contribuent. Le Fonds européen de défense subventionne des projets de recherche ou de développement, European Defence Industry Reinforcement through common Procurement Act (EDIRPA) facilite des achats en commun, etc. Vu de France, l’enjeu, vital pour les européens, est d’organiser grâce à ces outils une véritable préférence européenne pour les affaires d’armement.

MR : Les deux pays jouent un rôle actif au sein des structures de l’OTAN et de l’UE. L’armée allemande porte le rattachement aux organisations internationales dans son ADN depuis sa création en 1955. La France a longtemps eu une vision plus nationale de l’emploi de son armée mais depuis quelques années elle réaffirme son appartenance à l’OTAN. Il existe néanmoins des nuances quant au partenariat avec les américains. 

LJI : Par conséquent, diriez-vous que l’État français soutient beaucoup plus son industrie que l’État allemand ne le fait pour la sienne ?

GG : Plus non, mais différemment. Une des missions de la DGA en France est de s’assurer du maintien de la base industrielle et technologique de défense (BITD) pour garantir la maîtrise technique des systèmes et la fiabilité des acquisitions. La motivation n’est pas économique : il faut qu’aucune puissance hostile ne soit en mesure de neutraliser nos armes par un levier industriel.

L’Allemagne soutient également son industrie de défense mais de manière moins systématique et parfois moins explicite. D’ailleurs, elle s’est dotée, dès 2015, d’une stratégie de renforcement de son industrie de défense, mise à jour en 2020 et qui devrait être à nouveau mise à jour fin 2024. Dans cette stratégie, elle a organisé une forme de préférence nationale sur des « technologies-clés ».

LJI : Quel regard posez-vous sur l’industrie de défense dans votre pays hôte ?

MR : La France a une industrie de défense performante avec un savoir-faire technologique à la pointe qui couvre l’ensemble des besoins militaires. Il y a un étroit échange entre l’armée et la BITD ce qui permet une meilleure compréhension des besoins militaires par les industriels.

Le positionnement robuste de l’industrie française ainsi que le soutien étatique vis-à-vis des concurrents européens peuvent néanmoins porter préjudice à l’ambition d’émancipation européenne citée plus haut.

LJI : Est-ce que la France et l’Allemagne ont des équipements similaires (doublons) qui pourraient être concurrentiels ?

MR : Les deux pays disposent d’un large éventail d’équipements militaires. Pour certains besoins, des solutions communes ont été développées – souvent dépassant la coopération bilatérale – comme l’avion Transall ou l’hélicoptère NH90. Dans d’autres domaines, des spécificités nationales ont guidé les choix individuels par le passé : par exemple, l’avion de chasse français doit être capable d’appontage, tandis que l’Allemagne opte pour des avions compatibles avec le partage nucléaire américain.

Et même si je comprends bien que votre question vise plutôt la concurrence quant aux marchés d’export, il me semble néanmoins indispensable de souligner que les équipements français et allemands ne sont pas en concurrence au sens propre, comme ils ont pu l’être au cours de notre histoire.

LJI : Quel pays consacre le plus de budget et de dépenses dans la défense ?

GG : En 2024, l’Allemagne a budgété un peu plus de 70 milliards d’euros dans la défense – 50 milliards d’euros de budget régulier et 20 milliards d’euros sur fonds spécial – et la France un peu plus de 47 milliards d’euros. Mais au-delà des chiffres, il y a d’autres questions : la pérennisation de l’effort de défense, l’efficacité de la dépense, l’équilibre masse – technologie, l’équilibre achats court terme – développements long terme, et plus généralement les capacités opérationnelles obtenues.

MR : Les budgets de défense des deux pays sont similaires, même si c’est évidemment une question de définition. Parle-t-on de pourcentage du PIB ou de somme dépensée ? Quelles dépenses sont attribuées à la défense ? etc. Nos nouveaux gouvernements respectifs vont devoir voter un budget qui, j’ose l’espérer, reflètera une volonté commune de renforcer nos capacités militaires face aux défis actuels.

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