Visite du musée de l’École de santé des armées

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[ COMPTE-RENDU ]

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visite du musée de l'école de santé des armées

Le 31 mai 2022, la délégation Auvergne Rhône-Alpes des Jeunes IHEDN a visité le musée de l’École de santé des armées situé à Bron.

L’aspirant médecin Lucas s’est chargé de nous faire découvrir ce lieu rempli d’histoire.

Cette école accueille 700 élèves de l’école de santé et environ 250 élèves infirmiers militaires, la majeure partie d’entre eux est hébergée sur place.

La visite du musée s’organise autour de vitrines, où se trouvent des uniformes et des objets médicaux en tout genre, et de panneaux muraux sur lesquels sont expliquées l’histoire et l’évolution du service de santé des Armées.

historique

 

« Soigner un blessé a été longtemps considéré comme un acte inutile, car depuis l’Antiquité, le guerrier se doit de vaincre ou de mourir. »

Sous le règne de Louis XIV, les services de santé de l’Armée et de la Marine sont portés en institutions pour s’occuper des très nombreux blessés que les campagnes militaires entraînent. En 1670, le Roi fait édifier un hôtel royal qualifié au titre des Invalides qui peut accueillir 4 000 vieux soldats et institutionnalise la présence d’un établissement médical dans chaque place forte.

L’édit du Roi du 17 janvier 1708 marque la création d’un corps d’Officiers à la santé des Armées.

En 1747, préserver la vie – même celle d’un prisonnier – devient un impératif et les navires de plus de vingt hommes doivent alors embarquer un chirurgien.

La révolution, dans sa furie égalitaire, marque un recul majeur, les examens d’entrée aux écoles sont supprimés et seul un certificat de civisme suffit au recrutement.

En 1803 est restauré l’internat. Les chirurgiens doivent passer un doctorat. Sur les uniformes des officiers de santé apparaissent alors des attributs de velours de couleur : vert pour les pharmaciens, noir pour les médecins, rouge pour les chirurgiens. Ces distinctions sont toujours d’actualité.

L’Empire contribue à la renommée des chirurgiens et rayonnent alors les premiers grands noms du service de santé : René-Nicolas DESGENETTES qui refuse d’abandonner les pestiférés, Dominique-Jean LARREY qui fonde les ambulances volantes et Pierre-François PERCY qui élabore les premières voitures médicales.

La deuxième partie du XIXe siècle connaît la révolution microbienne amorcée par Louis PASTEUR.

En 1882, le service acquiert son indépendance administrative et les médecins obtiennent une équivalence de grade vis-à-vis des officiers de l’Armée et de la Marine. Mais malgré de nombreuses innovations, les moyens humains et matériels manquent.

En 1888, l’école du service de santé militaire s’installe à Lyon.

La Première Guerre mondiale entraîne un nombre considérable de blessés. En quatre ans, le service de santé connaît une révolution dans la prise en charge des blessés : le tri est systématisé ainsi que l’utilisation de techniques nouvelles telle que la transfusion sanguine. Tout se fait le plus près possible des combats.

En 1918, à la suite de toutes ses restructurations, le service devient le premier corps de santé au monde. Mais il reste à soigner des milliers de défigurés et de traumatisés psychiques. Ces besoins jettent les bases de la chirurgie maxillo-faciale et de la prise en charge du stress post-traumatique.

En 1940, comme cela fut le cas en 1914, les élèves de l’école sont envoyés au front.

Après la défaite, l’Occupation verra les Allemands pervertir la vocation de l’école : ses caves serviront de salles de tortures pour les prisonniers.

Dans les combats de la Seconde Guerre mondiale, les militaires issus de l’école de santé se distingueront : 68 croix de guerre, 4 médailles militaires et un nombre conséquent de citations. L’École subit malgré tout de lourdes pertes.

Par la suite, les conflits entrainés par la décolonisation en Indochine et en Algérie sont également le théâtre d’évolutions dans le champ médical. Les interventions sont rendues plus souples et plus mobiles en développant la réanimation et la chirurgie de l’avant au plus près des combats, mais également la généralisation de l’évacuation aérienne.

Pour leurs actions dans ces conflits, les écoles de Lyon et Bordeaux reçoivent la Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec palme en 1955.

Dans les années 1960, des médecins militaires du service de santé rejoignent la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris confrontée à l’expansion du risque technologique et à la nature particulière des lésions des nombreuses victimes. Se pose alors la problématique de l’urgence individuelle complexifiée par l’urgence collective.

L’action des officiers de santé et l’expérience d’anciens combattants permettent de mettre en place la médecine et les secours d’urgence modernes : secouristes, médecins urgentistes, création des premiers secours médicalisés avec des ambulances de réanimation.

Le Plan Rouge, ancien nom du Plan ORSEC « Nombreuses Victimes », est créé en 1978, avant la formalisation de la « médecine de catastrophe » dans les années 1980.

L’action du sauvetage au combat sur les morts « évitables » a permis de diviser par deux le nombre de morts dans les conflits récents.

conclusion

Cette visite aura permis de découvrir une institution capitale bien que relativement méconnue du grand public. Depuis sa création, le service de santé des Armées a donné l’impulsion d’innovations majeures dans le secours aux blessés et ainsi permis de grandes avancées dans le domaine de la médecine.

Son rôle majeur dans tous les conflits qu’a traversé la France depuis le XVIIIe siècle en témoigne : le service de santé des armées est indispensable.

 

« L’enjeu de l’école de santé des armées est de disposer de praticiens sensibilisés aux situations sanitaires exceptionnelles et aux milieux hostiles, sachant adapter leur prise en charge et innover dans des conditions difficiles. »

À propos de l'autrice

Patricia GALL

Ancienne fonctionnaire d’État, Patricia est aujourd’hui professeure d’art. Passionnée de peinture, de littérature et d’Histoire, c’est naturellement qu’elle est devenue bienfaitrice auprès des Jeunes IHEDN au sein de la délégation Auvergne Rhône-Alpes en 2020.

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