Spécialiste civil du renseignement cyber à l’OTAN | Thomas

Spécialiste civil du renseignement cyber à l'OTAN

Thomas

Je suis spécialisé sur les menaces cyber et je travaille à l’OTAN dans les domaines de la cyberdéfense et du renseignement. J’ai fait des études sur la guerre et une formation en systèmes d’information qui m’ont conduit à avoir une première expérience en cyber en entreprise.

1. En quoi consiste votre travail ?

Je travaille à l’OTAN à cheval sur l’équipe Renseignement travaillant sur les menaces cyber et l’équipe chargée de la politique de cyberdéfense de l’Alliance. Je réalise des veilles cyber, l’investigation d’incidents potentiels et la rédaction de rapports de niveau opérationnel sur les menaces. Il y a aussi toute une partie consacrée au développement de la politique de cyberdéfense de l’OTAN – soit en m’impliquant directement, soit en offrant un point de vue technique à mon équipe. Selon les jours, il peut y avoir du travail de bureau, des réunions ou bien des conférences pour certains projets. Ce que nous faisons est au cœur des grands enjeux d’aujourd’hui et pas seulement depuis février 2022…

2. Comment en êtes-vous arrivé là ?

J’ai choisi des études qui reflètent mes centres d’intérêts. D’abord des études de la guerre car je suis passionné par l’histoire, notamment militaire, qui m’a permis de déboucher sur des carrières en lien avec la sécurité, la défense et les relations internationales. Ensuite pour différentes raisons, je me suis intéressé vers la fin de ma licence à la cybersécurité et j’ai donc choisi de basculer vers un Master en Systèmes d’Information. J’ai donc poursuivi mes études au Royaume-Uni au sein d’un cursus ouvert à ceux qui n’ont pas suivi une filière ingénieur/sciences informatiques. Un programme judicieux d’ailleurs, vu le manque de personnes dans beaucoup de domaines STEM, cybersécurité incluse. J’ai décroché un travail d’analyste cyber dans une start-up en sortant de ce programme – mais il est important de noter que j’étais le seul de ma cohorte de recrues analystes qui avait un profil en partie technique. Les autres venaient de programmes d’études stratégiques ou autres, avec de fortes capacités d’analyse et de rédaction mais très peu de connaissances en cyber.

3. Pourquoi la cybersécurité ?

Je suis intéressé depuis longtemps à la sécurité, à la défense et aux relations internationales. Le cyberespace couvre tous ces sujets et est devenu incontournable, avec son propre domaine militaire, son impact sur la prospérité et la sécurité d’un pays ainsi que la couverture médiatique incessante qui reflète les risques réels, parfois exagérés de cet espace. J’ai eu à partir de l’adolescence, des consoles et des PC, me donnant quelques connaissances de base de ces systèmes et éveillant un intérêt pour l’informatique que j’ai poursuivi plus tard. Finalement, il faut choisir une orientation de carrière et… soyons honnête, il n’y a pas assez de personnes sur le marché du travail pour remplir tous les postes nécessaires en cybersécurité et en cyberdéfense, que ce soit en France, dans l’Alliance, ou dans le monde.

4. Un conseil à donner ?

Pour ceux ou celles qui sont intéressés par une carrière, ou tout au moins un début de carrière, dans le domaine cyber, sachez qu’il y a plein de rôles différents qui nécessitent différents profils et pas que des ingénieurs/développeurs/connaissances pour coder… S’auto-censurer, c’est se priver d’opportunités que vous regretterez. Ce n’est pas simple d’avoir confiance en ses capacités en sortant d’études, je n’ai pris en confiance qu’à partir du moment où j’ai commencé à travailler. Mais en prenant du recul, et tout en sachant que je m’en suis tout de même bien sorti, c’est un conseil important que je me serais donné à moi-même à l’époque : ne pas s’auto-censurer.

Pour en savoir plus : Cap’Pro

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