L’intégration européenne de défense : affaiblissement ou renforcement de l’OTAN ?

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L’INTÉGRATION EUROPÉENNE DE DÉFENSE : AFFAIBLISSEMENT OU RENFORCEMENT DE L’OTAN ?

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur. Les idées ou opinions émises ne peuvent en aucun cas être considérées comme l’expression d’une position officielle de l’association Les Jeunes IHEDN.

À PROPOS DE L’ARTICLE

L’OTAN en état de « mort cérébrale ». C’est ainsi que le président Macron décrivait le 7 novembre 2019 dans les pages de The Economist, une Alliance atlantique en manque de coordination satisfaisante ainsi que l’absence d’une vision stratégique commune.  Le déclenchement de la guerre en Ukraine fut vécu comme un électrochoc qui ramena toutefois à la vie cet organe politico-militaire, en le reconnectant à sa tâche originelle de défense collective du territoire, tout en relançant les débats sur la nécessité d’une défense européenne fiable et opérationnelle pour assurer sa sécurité. Cette revitalisation pose évidemment des questions sur la cohabitation des structures européennes de défense, encore embryonnaires, et celles de l’OTAN déjà éprouvées par les épreuves du passé. La situation en Ukraine et la perspective d’une extension de la guerre irrédentiste de Poutine à l’encontre d’un État-membre représente une nouvelle donne stratégique dans laquelle le conflit de haute-intensité n’est plus une réalité lointaine.

Par conséquent, avec l’ambition d’améliorer sa force et sa résilience et d’anticiper des situations de crises sécuritaires, l’UE a déployé des initiatives d’accélération du processus d’intégration européenne de défense. Cependant, ce dessein européen, ambitieux de renforcer la coopération en matière de sécurité et de défense fait face à des difficultés autant internes qu’externes. Internes car la difficulté de mettre au diapason 27 pays est d’autant plus saillante quand il est question de sécurité, un domaine fortement attaché à la souveraineté de chaque État. Également externes, dans la mesure où les partenaires au sein de l’OTAN, États-Unis en tête, ne souhaitent pas assister à l’émergence d’une exception européenne excluante, qui pourrait in fine les desservir. A ces dynamiques s’ajoutent plus récemment la réélection à la Maison-Blanche de Donald Trump, dont les déclarations font peser un sentiment d’incertitude sur les garanties de sécurité que les États-Unis apporteraient dans l’éventualité d’une attaque subie par un allié membre de l’alliance atlantique. Le ton comminatoire souvent employé par le président des États-Unis s’agissant de l’inégal partage du fardeau de l’alliance pourrait en effet entamer la solidarité entre les alliés et altérer la structure otanienne telle que nous la connaissons. A la mesure de ces enjeux une question essentielle s’impose : la redéfinition des priorités en matière de défense par les pays européens contribue-t-elle à renforcer l’OTAN, ou amorce-t-elle, au contraire, l’émergence d’une autonomie stratégique européenne susceptible de remodeler l’architecture sécuritaire européenne ?

À propos de l'auteur

Jean Rachesboeuf

Jean Rachesboeuf est actuellement étudiant en master à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Après avoir été membre du comité Afrique, il a rejoint le comité Europe en septembre 2024 afin de suivre l’évolution des considérations stratégiques des pays membres de l’UE face aux bouleversements de l’environnement sécuritaire du continent.bus.

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